Retenir les portes du train peut sembler anodin pour certains, mais cela peut impacter des milliers d'autres voyageurs. Découvrez pourquoi.
Un geste aussi banal que de retenir les portes du train au moment de la fermeture peut sembler inoffensif.
Pourtant, sur le RER D en 2024, on estime que plus de 160 000 voyageurs ont été impactés par ce type d’incident, c’est-à-dire la gêne à la fermeture des portes.
En quoi le fait de retenir les portes impacte-t-il le trafic de la ligne ? Je vous propose quelques éléments de réponse, accompagnés ensuite de mes conseils pour bien voyager.
Retenir les portes, une illustration de « l’effet papillon »
En pleine heure de pointe, vous vous trouvez dans un train arrêté en gare. Le signal annonçant la fermeture des portes retentit et pourtant… le train ne part pas car des personnes empêchent leur fermeture.
Pour des raisons évidentes de sécurité, un train ne peut pas rouler tant que toutes les portes ne sont pas fermées. Le train dans lequel vous êtes va donc devoir stationner plus longtemps que prévu, jusqu’à ce que le conducteur puisse fermer correctement l’ensemble des portes depuis sa cabine de conduite.
Or, bloquer les portes peut mener à un dysfonctionnement du système de fermeture et nécessiter une intervention manuelle du conducteur. Je vous laisse donc imaginer le temps nécessaire à l’agent de conduite pour aviser les équipes en charge de la circulation des trains de la situation et se rendre au niveau du train où les portes ont été bloquées (notamment s’il s’agit d’un train long !).
Pendant ce temps, les trains situés derrière lui doivent patienter. Si les conditions de circulation le permettent, ces trains peuvent être reçus sur une voie parallèle où le trafic va pouvoir se reporter. Mais quand cela n’est pas possible, les trains se retrouvent bloqués – parfois en pleine voie – jusqu’à ce que la voie soit libérée devant.
Retenir les portes : un acte de malveillance qui entraîne de multiples impacts sur le trafic et qui peut vous mettre en danger.
Dans le meilleur des cas, le conducteur de votre train parviendra à débloquer les portes. Sinon, il devra évacuer la voiture de tous les voyageurs puis condamner la porte défectueuse, qui sera réparée ultérieurement en atelier de maintenance.
Cet acte de malveillance aura donc de multiples impacts. D’abord, sur le temps de parcours du train dans lequel vous vous trouvez qui, une fois arrivé (en retard) à sa gare terminus, devra ensuite « rejouer » une mission dans l’autre sens. Selon son heure d’arrivée, il sera soit retardé au départ, soit supprimé. Un incident qui affectera également les autres trains, dont je vous parlais plus haut, qui s’étaient retrouvés bloqués derrière le vôtre.
Outre les désagréments matériels, je tiens enfin à souligner que retenir les portes peut également vous mettre en danger. En effet, en empêchant leur fermeture, vous risquez de vous coincer et de faire face à une situation bien plus grave.


Pour voyager en toute sérénité, ayons le bon comportement
Vous l’aurez compris, une « simple » porte bloquée sur un train peut entraîner d’importants ralentissements sur la ligne. On estime d’ailleurs à 2 heures le temps de retard moyen causé par cet acte de malveillance.
En choisissant de ne pas bloquer les portes, vous contribuez activement à la ponctualité du service, à votre sécurité et à celle des autres voyageurs.
Plus que jamais, je vous invite donc à vous éloigner des portes du train lorsque retentit le signal de fermeture et à ne pas tenter de monter ou de descendre. Sur le quai, avec l’ensemble des autres voyageurs, veillez autant que possible à bien vous répartir. Enfin, n’hésitez pas à vérifier l’affluence à bord de votre train pour choisir la voiture la moins chargée.
ℹ️ Vous pouvez connaître l’affluence à bord de votre train grâce aux écrans en gare et, depuis votre mobile, avec les rubriques « Itinéraires » et « Prochains départs » du site Transilien.com.


Bonjour,
Merci pour vos explications très claires et intéressantes,
J’espère que de nombreux usagers vont le lire,
Bien cordialement à toute l’équipe,
Hier midi je suis allée chercher mes 2 petits-enfants d’une dizaine d’années à la gare Saint-lazare pour ensuite les emmener gare Montparnasse. Nous sommes allés prendre le métro 13.
Quand le métro est arrivé ils me suivaient et les passagers devant nous une fois montés je leur dis : hop on monte.
Je monte et me retourne, la porte commence à se refermer avant qu’ils aient le temps de monter. Paniquée je retiens la porte avec mes deux mains mais elle se referme et je la maintiens entrouverte. Le stress envahit ma tête de questions sur la suite, s’ils restent sur le quai et que je pars seule …
Ouf miracle les portes se rouvrent après de longues secondes et ils embarquent précipitamment. Je me détends et m’interroge, est-ce que quelqu’un autour de moi, et il y a du monde, a actionné un bouton ? Je regarde autour de moi … que des regards fuyants. Personne n’a bougé, même pas pour faire embarquer les enfants…
Je comprends en lisant cet article que s’il y a un obstacle au niveau d’une seule porte elles se rouvrent toutes au bout d’un moment.
Les 2 garcons, qui ne sont pas des petits parisiens et n’ont jamais pris le métro, n’ont pas paniqué et me disent, on aurait pris le train suivant.
Je leur explique : surtout pas ! Je n’aurais pas su où ils étaient et le téléphone ne fonctionne pas. Vous restez au même endroit, en retrait du quai. Si besoin vous demandez de l’aide à une personne bienveillante ou mieux à un agent de la sncf.
C’est moi qui ferais demi-tour à la station suivante et viendrais vous rechercher au même endroit.
Voilà je m’en sors rassurée avec un gros bleu à la main gauche en souvenir. J’ai évité un énorme stress, merci à la sécurité.
Conclusion bien briefer les jeunes enfants sur la conduite à tenir en cas de problème de ce genre.
Bonjour Cat M,
Merci pour votre témoignage qui nous rappelle, en effet, qu’il est important d’expliquer ces quelques principes aux plus jeunes avant de prendre les transports en commun.
Du côté des parents/accompagnants, en cas de besoin, les agents SNCF sont aussi à votre disposition. Sachez que vous pouvez également composer le numéro d’alerte 3117, que ce soit par téléphone, ou via les bornes d’appel présentes sur les quais des gares (et, c’est bien aussi de le rappeler, des stations RATP).
Bonjour,
Je ne comprends pas trop, pourquoi ne pas avoir de personnel en gare pour débloquer la porte si besoin ?
Et quel est l’utilité de supprimer un train si trop de retard puisque du coup celà va surcharger le train suivant qui prendrai du retard également à la suite de la montée des passagers ?
Bonjour Matthew,
Je vous souhaite la bienvenue sur le blog !
Pour répondre à votre première question : quand un train stationne plus longtemps que prévu à quai, les agents chargés de la relation client présents en gare peuvent se rendre sur place afin d’évaluer la situation et potentiellement intervenir sur une mission pour laquelle ils sont formés (par exemple, en cas de signal d’alarme actionné à bord).
Au moment de l’incident, si les agents sont déjà mobilisés sur d’autres sujets (tels que l’accueil et la prise en charge d’une personne à mobilité réduite), alors leur venue sur place peut être différée.
Par ailleurs, si les portes du train ne peuvent plus se refermer à cause d’un dysfonctionnement, les agents en gare ne sont ni formés ni habilités à intervenir sur le matériel roulant. Seul le conducteur peut agir sur le système de portes (et j’ajouterais même que positionner des conducteurs ou des agents de maintenance dans chaque gare « au cas où » n’étant pas possible, c’est donc bien le conducteur du train concerné qui doit intervenir).
Concernant le choix qui peut être fait de supprimer un train : au‑delà d’un certain retard, si on laisse le train continuer sa mission, alors on prend le risque que le retard se propage en ricochet sur tout son roulement. Imaginons par exemple qu’un train enchaîne toute la journée des missions Creil > Corbeil, puis Corbeil > Creil…, chacune de ces missions risque alors de circuler en retard.
Par ailleurs, quand un train ne circule plus à l’heure prévue dans le graphique des circulations, en cas de conflit de circulation avec d’autres trains, le choix peut être fait de prioriser l’autre train, ce qui peut encore augmenter son retard.
Dans certains cas, les équipes du Centre Opérationnel peuvent décider d’opérer ce que l’on appelle un « croisement », c’est-à-dire utiliser les rames et l’agent de conduite d’un autre train (en gros, on « échange » les trains) afin d’assurer la mission à l’heure. Mais pour cela, il faut qu’une rame et qu’un conducteur soient disponibles au bon endroit et que cela ne crée pas d’autres contraintes sur l’exploitation.
Vu de votre trajet, la suppression peut sembler pénalisante, je le comprends bien. Mais l’objectif de ces choix est de limiter au maximum l’impact global pour l’ensemble des voyageurs de la ligne.